Livre : Aide-mémoire Gestion des déchets - Technicien de Génie Civil

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jeudi 23 novembre 2017

Livre : Aide-mémoire Gestion des déchets

Aide-mémoire Gestion  des déchets













AVANT-PROPOS

La  loi  de  1975  puis  celle  de  1992  imposaient  la  disparition  totale  des
décharges communales, favorisaient la mise en place de filières de traite-
ment et ne toléraient plus d’autres dépôts que les centres d’enfouisse-
ment  technique  réservés  aux  seuls  déchets  ultimes  à  l’échéance
maximale du 1er juillet  2002.
Or, ce délai n’a été que très peu respecté et le retard est considérable
dans de nombreux domaines, obligeant les collectivités locales à recourir
à des mesures dérogatoires.
Pourtant,  certains  déchets,  valorisés  ou  recyclés  selon  des  méthodes
élaborées,  sont  devenus  de  véritables  matières  premières,  qui  peuvent
s’intégrer parfaitement dans des filières rentables d’emblée, ou, à défaut,
laisser entrevoir des perspectives intéressantes.
Les  coûts  élevés,  les  risques  environnementaux  liés  aux  méthodes  de
traitement ou à la nature du déchet, les réticences politiques locales et les
craintes,  parfois  justifiées,  parfois  irrationnelles,  des  particuliers  qui
voient les unités de traitement s’installer dans leur voisinage, limitent
encore souvent le développement de filières qui pourraient devenir des
maillons essentiels dans le domaine des déchets.
Par  ses  aspects  écologiques,  économiques  et  politiques  étroitement
imbriqués, ce traitement des déchets, partie intégrante de la protection
environnementale plus ou moins négligée jusqu’à la fin du XX
siècle, est devenu depuis quelques décennies un souci majeur pour les gouvernants
et les décideurs locaux, que l’urgence et les contraintes budgétaires ont
souvent conduits à préférer des solutions de facilité à court terme, telles
que les centres d’enfouissement technique et les unités d’incinération.

Mal  connu,  voire  inconnu  de  la  plupart  des  particuliers,  le  caractère
polluant ou toxique de certains déchets fait de leur collecte et de leur
traitement  un  enjeu  de  santé  publique,  justifiant  la  mise  en  place  de
filières réglementées et plus ou moins financées par les aides publiques.
Les données ont évolué depuis la première édition de cet ouvrage : les
problèmes environnementaux et en particulier celui du réchauffement
terrestre  sont  devenues  des  données  incontournables  pour  nos  diri-
geants. La gestion des déchets fait aujourd’hui partie de leurs préoccupa-
tions. Elle a été inscrite au programme du Grenelle de l’Environnement
de  2007,  où  de  nouvelles  pistes  ont  été  évoquées.  Des  lois  et  décrets
récents sont venus compléter l’arsenal législatif déjà en place.
Cet ouvrage, qui s’attache à montrer la nécessité d’aboutir à un traite-
ment rigoureux des déchets, a aussi pour but de dresser un résumé de ce
qui se fait dans ce domaine et de permettre au lecteur d’avoir une vue
générale sur l’ensemble des filières et peut-être de trouver des pistes de
recherche.
Il  a  été  rédigé  à  partir  de  recherches  bibliographiques,  de  données
commerciales obtenues sur la toile et d’observations personnelles récol-
tées au cours de déplacements et d’auditions de conférences et tirées de
l’expérience d’un mandat électif.
La concision d’un tel ouvrage rend forcément incomplet l’exposé d’un
problème aussi complexe.3


INTRODUCTION

Historique
L’activité humaine a, de tout temps, été génératrice de déchets et chaque
époque a eu son mode de traitement et… ses problèmes spécifiques.
Bien sûr, ce qui subsiste des déchets de nos ancêtres préhistoriques fait
aujourd’hui le bonheur des archéologues, mais le peuplement humain
était alors peu important et l’incidence sur l’environnement probable-
ment très mineure.
Le vrai problème s’est posé un peu plus tard, dans les civilisations anti-
ques. Les Romains, par exemple, mirent en place dans la plupart de leurs
villes  des  systèmes  d’égouts,  comme  le  Cloaca  Maxima  de  Rome,  qui
étaient  un  embryon  de  traitement  des  déchets,  au  moins  pour  la  rue
puisque l’ensemble était finalement déversé dans le Tibre.
Or, malgré cette évolution dont les populations ultérieures auraient pu
hériter, les ordures ménagères du moyen-âge étaient simplement jetées
hors  des  maisons,  dans  la  rue,  éventuellement  dans  la  rivière.  À  cette
époque elles étaient, dans leur immense majorité, biodégradables, mais
elles attiraient en ville toutes sortes de vermines et un cortège de mala-
dies. On sait par exemple que cette habitude, favorisant la prolifération
des rats, a sa part de responsabilité dans la propagation de la Grande Peste
de 1348, qui décima près d’un tiers de la population française d’alors.
Depuis un passé récent, l’époque industrielle a généré des déchets de
plus en plus nombreux et présentant une problématique nouvelle ; leur
volume  considérable,  la  non-biodégrabilité  ou  la  toxicité  de  certains
d’entre eux, leur durée de vie et leur impact sur l’environnement.Introduction
4
La problématique du traite-
ment des déchets
La  mise  en  décharge  a  été  la  solution  qui  a  d’abord  paru  être  la  plus
pratique, passant, au fil du temps, des décharges sauvages aux décharges
contrôlées, ces dernières recevant en vrac des déchets de tous types et
finissant ainsi par être elles-mêmes une menace pour l’environnement.
Aujourd’hui,  les  nécessités  de  réduction  de  la  pollution,  d’économies
d’énergie et de gestion des ressources naturelles ont transformé le traite-
ment  des  déchets  en  une  donnée  incontournable  pour  la  survie  de  la
planète.
La problématique du traitement des déchets
Prenant conscience de cette menace sur l’environnement, le Législateur
a pris position depuis plusieurs décennies, d’abord pour limiter la proli-
fération des déchets toxiques, puis pour favoriser le tri sélectif de tous les
déchets, avant, enfin, d’imposer (entre autres) aux décharges de ne plus
recevoir que les déchets ultimes et ceci dès le 1
er
 juillet  2002.
Mais  pour  cette  échéance  déjà  largement  dépassée,  des  insuffisances
persistent encore et les collectivités locales, premières concernées par ce
choix qui est à la fois un choix politique et un choix de société, sont
souvent  confrontées  à  des  problèmes  de  collecte,  de  traitement  et  de
débouchés  qu’elles  ne  maîtrisent  pas  toujours,  bien  qu’elles  soient
depuis quelques années de mieux en mieux informées.
Le problème du devenir des déchets se pose donc désormais d’une façon
aiguë.
Or la plupart des déchets sont des produits qui peuvent être valorisés et
devenir de véritables matières premières secondaires.
À titre d’exemple, avec une moyenne de production, tous déchets ména-
gers  confondus,  évaluée  à  environ  450 kg  par  habitant  et  par  an,  le
marché  des  seules  ordures  ménagères  est  énorme,  d’autant  qu’un  tel
gisement permet la mise en place d’un grand nombre de filières, pour
certaines encore loin de la maturité, voire peu exploitées.
Ce  chiffre  est  considérablement  plus  important  si  l’on  y  adjoint  les
déchets industriels et agricoles : en 2004 on a estimé le total des déchets
produits en France à 849 millions de tonnes.Free ebooks ==>   www.Ebook777.com
Introduction

Les enjeux



Mais les mises en place des différentes filières ne sont pas aisées :
• chacune  a  ses  propres  aspects  logistiques,  industriels,  techniques,
législatifs et juridiques ;
• les différentes techniques de traitement peuvent se cannibaliser entre
elles :  par  exemple,  la  valorisation  « énergie »  interdit  souvent  la
valorisation « matière » ;
• il existe de nombreuses interférences entre les différentes filières ;
• en règle générale, les procédés de traitement sont coûteux, mais les
effets  d’échelle  sont  importants.  Il  est  donc  nécessaire  de  prévoir
grand, de collecter et de traiter beaucoup, pour parvenir à des coûts
intéressants ;
• malgré une orientation politique de plus en plus favorable à la valori-
sation,  les  entreprises  du  secteur  sont  souvent  très  dépendantes  des
marchés internationaux des matières premières ;
• enfin, l’obligation faite aux collectivités locales de mettre en place une
collecte sélective des déchets impose le plus souvent un partenariat de
celles-ci avec les entreprises privées du secteur ;
• et  puis,  il  convient  également  de  souligner  l’existence  de  deux
« syndromes » bien vivaces :
– le NIMBY (Not in my back yard ou « pas chez moi »), qui limite le
choix des sites d’installation d’unités de traitement,
– le NIMEY (Not in my election year ou « pas dans l’année de mon (ma)
(ré)élection »),  qui  limite  les  marges  de  manœuvre  des  décideurs
politiques.  À  noter  toutefois  que  la  question  de  la  gestion  des
déchets est aujourd’hui volontiers abordée dans les campagnes élec-
torales, dans la mesure où elle s’inscrit dans le registre plus vaste de
la protection de l’environnement, sujet actuellement porteur.
Les enjeux
Si la valorisation des déchets présente des contraintes, elle a aussi des
avantages :
• elle permet souvent de préserver les matières naturelles et de limiter
les importations de matériaux, et certaines filières permettent même
Les enjeux
d’obtenir  par  recyclage  un  matériau  moins  coûteux  que  le  produit
naturel (exemples du verre et de l’aluminium) ;
• les choix politiques qui impliquent les collectivités locales dans cette
valorisation, permettent une répartition du financement entre celles-ci
et le secteur privé ;
• de plus, et même si certaines filières relèvent surtout de la mission de
service  public  et  requièrent  un  soutien  de  la  collectivité,  d’autres
peuvent se révéler extrêmement rentables à condition de savoir anti-
ciper  l’évolution  de  la  législation,  des  attentes  du  public  et  des
marchés ;
• enfin  l’installation  d’une  unité  de  traitement  est  en  règle  générale
appréciée  par  les  élus  pour  ce  qu’elle  signifie  souvent  en  termes
d’emplois non qualifiés, facteurs d’insertion sociale.
La prise de conscience actuelle du problème du réchauffement clima-
tique a conduit nos politiques à s’intéresser de près à tout ce qui touche à
l’environnement  et,  par  voie  de  conséquence,  aux  déchets.  Jouissant
désormais de la faveur du public, ce domaine est depuis 5 ans en très fort
développement. Le « Grenelle de l’Environnement » de 2007 a consacré
quelques ateliers de travail aux déchets.

http://curs.io/CVPOg6i





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